Actualités / 08 avril 2013
Aller aux actualitésLe PGE au Forum social mondial: Pierre Laurent plaide pour une lutte commune face à la mondialisation néolibérale
Un des points de discussion de ce Forum social mondial 2013, qui s'est déroulé du 26 au 30 mars 2013 à Tunis, est de savoir comment construire une alternative aux politiques néolibérales imposées à travers le monde et comment converger sur divers fronts pour lutter ensemble contre le capitalisme dont les règles en faveur des marchés financiers s'appliquent au détriment des peuples de plus en plus appauvris.
La fondation politique « Transform Europe », pour faire écho à cette nécessité de travail commun, a organisé un atelier intitulé «Les nouvelles constructions à gauche pour surmonter la fragmentation (fronts, coalitions ...): progrès et obstacles» traitant des expériences de création et de fonctionnement de ces fronts dans différents pays et continents, comme l'Europe, l'Afrique et l'Amérique latine.
Pierre Laurent, Président du Parti de la gauche européenne, a parlé de l'expérience de cette grande coalition de forces qu'est le PGE, qui a débuté avec 6 partis et en compte maintenant 27, parmi lesquels figurent d'importants fronts de gauche des pays européens, comme SYRIZA (Grèce), le Front de Gauche (France), la Gauche unie (Espagne), et qui travaille dans le respect de la diversité de ses partis membres.
Le Président du PGE a expliqué que le monde a beaucoup changé ces dernières années et que contre la mondialisation néolibérale et la dispersion des forces de gauche, nous avons besoin de construire un nouveau discours et de le faire avec de nouvelles forces. «Nous avons tous le besoin de solutions nouvelles à des problèmes nouveaux, qui sont semblables parce que nous sommes confrontés au même système, nous devons donc reconstruire des forces unies dans la diversité" a-t-il déclaré.
Le Parti communiste français, dont Pierre Laurent est le secrétaire national, a été l'un des fondateurs du PGE. Il juge le PGE comme «extrêmement utile parce que cette formation a permis de tirer parti des expériences des uns des autres pour avancer sur les deux fronts : dans la progression de forces nationales et dans la constitution de la force régionale qu'il est maintenant » .
Pierre Laurent expliqué le processus de construction du Front de gauche en France. Pour lui, cela a débuté réellement en 2005, quand le peuple français a majoritairement rejeté le traité constitutionnel européen lors du référendum, toutes les forces du front de gauche ont fait campagne ensemble pour le NON. Il a démontré que le processus n'était pas linéaire : deux ans après, c'était la victoire de Sarkozy. «Le problème était qu'il n'y avait pas une coalition politique unie, capable de porter les aspiration du mouvement contre le traité européen » . Un an plus tard, le Front de Gauche a été créé. Il y a eu un débat sur la forme, fallait-il créer un parti ou garder une forme « Front » ? Le choix a été fait de rester un front, qui peut encore s'élargir.
Obey Ament, d'Espace Marx, spécialiste de l'Amérique latine, a parlé du cas du Venezuela, de la Bolivie, de l'Équateur et d'autres pays latino-américains dans leur lutte contre les politiques néolibérales, la privatisation et les transnationales et comment dans ses pays, régis par la gauche, les gens sont plutôt politisés. Pour lui, la transformation sociale est étroitement liée à la démocratie. Il a également souligné l'importance du Forum de Sao Paulo pour le travail de la gauche en Amérique latine.
Et sur l'Afrique, Babacar « Bubba » Diop, militant sénégalais et syndicaliste, a expliqué comment il a vécu comme jeune homme le combat contre le colonialisme, aujourd'hui répété contre le néocolonialisme, car « la seule chose qui a changé, c'est que les noirs ont remplacé les blancs au pouvoir, mais ils ont continué à faire la même politique » . Babacar a dit comment la gauche sénégalaise, contre la politique néo-coloniale, a formé un mouvement pluriel et diversifié qui inclut tout le monde, « y compris les trotskistes, maoïstes, panafricaniste, panegristas... » . « Tout ce dont nous sommes surs, c'est que nous sommes contre le régime, qui fit souffrir les gens » . Les éléments de convergence sont les fondements de l'unité: « la gouvernance politique, la gouvernance économique et la gouvernance sociale ».
Dans cet atelier sur la formation des fronts de gauche, il ne pouvait manquer Syriza. Mentionnée dans d'autres ateliers comme la coalition « qui a appris à travailler avec les mouvements » Syriza est passée de 4,5% des voix à 27% , à un point près de la 1ère force du pays, comme l'a rappelé Theano Fotiu, députée de Syriza au Parlement grec. Theano a souligné la nécessité d'une résistance de masse à la fois aux niveaux national et européen. Elle a parlé de la Grèce, mais aussi de Chypre et au choc qui a eu lieu dans tous les pays, indépendamment de leur dette: «C'était un sérieux avertissement à tous que personne ne peut dire non à la troïka ». Et de poursuivre en appelant la gauche à construire un discours politique sérieux sur ce qui est le problème et quelle est la solution, et de souligner «nous respectons tout le monde parce que nous avons un destin commun ».La députée grec a insisté sur la nécessité d'élaborer des propositions alternatives pour mettre fin à la crise et d'expliquer aux gens, « si la gauche ne parvient pas à le faire, l'Union européenne va exploser, les pays se rendront à la destruction de la démocratie la propagation du racisme et du fascisme. "


