196 Chefs d’État du monde se réuniront à Paris du 30 novembre au 11 décembre pour la 21ème Conférence sur le climat (COP21). Les États se disent prêt à agir pour limiter les effets catastrophiques du changement climatique. Toutefois, ils se trouvent face à un défi réel : parvenir à un accord global et contraignant sur le climat pour réduire l’impact du système capitaliste.
Les enjeux principaux de la COP21 sont de limiter le réchauffement a 2°C en 2100 par des engagements de réduction de gaz à effet de serre (GES) pour la décennie 2020-2030 ; de garantir les droits d’une population mondiale croissante à la sécurité alimentaire et à l'énergie, à l'éducation, à la santé, à un travail… Enfin, les pays riches et industrialisés doivent concrétiser les promesses faites à Copenhague en 2009 lors de la COP15 de doter le Fonds Vert de 100 milliards de dollars par an, d'ici 2020, permettant aux pays en développement de prendre des mesures d'adaptation aux conséquences du réchauffement climatique. La prochaine réunion du G20 doit servir cet objectif.
Nous avons la conviction que de meilleures situations de vie sont possibles pour l’ensemble des habitants de la planète tout en étant durablement économes des ressources naturelles. Passer de la société du pétrole à une civilisation « bas carbone » est un chemin inévitable. Il appelle un changement politique profond qui touchera bien des aspects de la vie personnelle comme en matière de transport, d’habitat, d'industrie, d'agriculture, d'énergie, d'économie et de travail. Un tel projet n'est viable qu'en plaçant au cœur du processus l'intervention active et éclairée de nos concitoyens.
La lutte contre le réchauffement climatique et la lutte contre le développement économique néolibéral mondialisé sont étroitement liées. Il est évident que la nécessité d’une transition écologique mais aussi des modes de production et de consommation actuels est désormais incompatible avec les politiques préconisées par les doctrines du capitalisme financier mondialisé.
La transition vers cette société durable doit être solidaire. A Paris, lors de la COP21, nous souhaitons que la logique du développement durable et de l’émancipation humaine l’emporte enfin sur la logique socialement aveugle du profit immédiat.
Notre choix est clair : donner priorité aux intérêts de la planète et à ceux des peuples. Nous préférons la richesse du bien vivre basé sur les Indices de Développement Humain (ONU) à celle des indices boursiers du CAC40 portées par les multinationales et les marchés financiers.
Basé sur un modèle signant la fin des spéculations agricoles et des dynamiques du commerce mondialisé promues par l’OMC, introduisant une régulation des marchés internationaux et le développement d’infrastructures publiques, nous demandons que les principes d'efforts différenciés, de transparence, d'équité et du juste équilibre des pouvoirs entre les pays développés et en développement soient inscrits dans tout système institutionnel débattu lors de la COP 21.
Nous soutenons le développement de la recherche et de la coopération entre pays pour qu'un transfert de connaissances et de technologies vers les pays en développement soit possible, tout comme le mécanisme de dédommagement exigé par les pays les plus vulnérables. Dès à présent il faut accorder un statut juridique aux réfugiés climatiques.
La place de l'Europe dans le concert des Nations est déterminante. L'UE ne pourra pas tenir ses engagements écologiques dans le cadre des politiques d'austérité. Nous disons stop à l’austérité ! Nous proposons la création d'un Fonds de développement social et écologique européen.
Nous sommes de tous les combats citoyens et agissons en convergence avec les acteurs de la société civile en Europe et dans le monde (Climate Express, Alliance 21 ou encore Alternatiba...). Les 28 et 29 novembre prochains, des manifestations seront organisées dans la plupart des capitales de la planète, mobilisant ainsi la société civile du monde entier. Elles seront suivies d'autres initiatives citoyennes[1].
Nous appelons au développement de toutes les mobilisations utiles pour que les Chefs d’État parviennent à un accord de haut niveau lors de la COP21.
Nous serons à Paris, le 29 novembre, pour la grande marche pour le Climat.
[1] Le Sommet Citoyen pour le Climat (5 et 6 décembre à Montreuil). Suite à la Zone d’Action pour le Climat, un autre espace de sensibilisation et débat, actif sur Paris du 7 au 11 décembre, le 12 décembre la société civile mondiale sera mobilisée pour évaluer les résultats de la COP21 et dégager des pistes de mobilisation sur le long terme.
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