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Nachrichten / 23 Mär 2009

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50 ans de révolution à Cuba – la sortie de la crise économique mondiale

Face à la crise économique, la Gauche en Europe propose certes des mesures économiques et sociales sensées, en comparaison avec les scandaleuses mesures de sauvetage du capital financier...

Face à la crise économique, la Gauche en Europe propose certes des mesures économiques et sociales sensées, en comparaison avec les scandaleuses mesures de sauvetage du capital financier par les impôts que prennent nos gouvernements néolibéraux.

Néanmoins, nous avons du chemin à parcourir pour proposer des pistes de sortie du système.

Le capitalisme a mené l'Humanité des crises économiques cycliques aux barbaries fascistes en passant par les guerres impériales généralement justifiées par des définitions à chaque fois nouvelles de la barbarie des peuples à soumettre (il s’agit actuellement du « choc des cultures »).

Et en dehors des crises majeures, la « démocratie » que nos gouvernants prétendent imposer aux « barbares » est de toute façon fondée sur l'esclavage des temps modernes.

La destruction de l'environnement s'est accélérée, les crises alimentaires se succèdent et le problème, scandale majeur, est devenu systémique mais les instances scientifiques internationales sont très peu écoutées par ces mêmes gouvernements.

Nos liens avec les gauches émergentes en Amérique latine sont par contre des liens d'espoir et d'enthousiasme car, des mouvements sociaux de là-bas, ont émergé des gouvernements qui donnent la priorité à l'humain, à ses besoins et à sa dignité.

A l'occasion de l'actuel 50ème anniversaire de la révolution cubaine, les mérites et espoirs que ce petit pays suscite -non seulement pour les peuples en Amérique latine et pour les peuples du Tiers-Monde en général mais pour nous aussi, gauches européennes- sont indéniables:

Le socialisme cubain a eu le mérite de faire passer un Etat du Tiers-Monde, colonisé, soumis à une dictature féroce et sous-développé à un système politique et économique socialiste et d'indépendance nationale, en constante transformation.
Sous embargo pratiquement depuis sa création, sous perfusion de la part de l'URSS -
ce qui a surtout « permis » une économie d'exportation (canne à sucre, tabac) en échange de pétrole, Cuba a le mérite d'avoir résisté à la toute-puissance de l'Empire depuis 50 ans!

Lors de la cessation de l’aide soviétique à partir de la chute du bloc soviétique, après 1989, Cuba s’est retrouvé dans une situation catastrophique au niveau alimentaire.
L’époque qui a suivi la chute de l’Union Soviétique est connue à Cuba comme la « Période Spéciale ». L'île a perdu 80% de ses marchés d’exportation et ses importations ont aussi chuté de 80%. Le PNB a diminué de plus d’un tiers. Depuis le début des années 90 cependant, le mouvement d’agriculture urbaine s'est étendu à toute l’île, et la capitale est sur le point d’assurer son autosuffisance alimentaire.

L’exemple cubain est sans doute le seul exemple de transformation à l’échelle d’un pays d’une agriculture productiviste en une agriculture biologique, et d’une relocalisation de l’économie.

Les résultats de cette politique sont significatifs : réduction de la contamination des sols, de l’air et de l’eau par les pesticides et les engrais chimiques, diversification des productions et de l’alimentation, recyclage des déchets, réduction au minimum des coûts de transport, sécurité alimentaire, baisse de la pollution, développement de l’emploi...

Qu’en est-il aujourd’hui ? Désormais, 20 % de la surface cultivée à Cuba sont protégés par les méthodes biologiques : ceci concerne essentiellement l’horticulture. Les cultures de fruits et d’agrumes sont en majorité gérées en agriculture biologique, et celle-ci est testée pour la canne à sucre, le café, le cacao, la noix de coco, l’ananas et la mangue.

Ce système est-il généralisable et survivra-t-il à Cuba ? Les circonstances qui lui ont donné naissance sont particulières : embargo, coupure par rapport au marché mondial.

On peut se demander si, en cas d’ouverture totale du commerce – prônée par l’OMC, l’agriculture biologique cubaine pourrait résister à la concurrence d’aliments non biologiques importés et si elle ne connaîtrait pas le sort des multiples agricultures du Tiers-Monde ruinées par les produits européens ou états-uniens subventionnés.

Voilà une raison de plus pour lutter contre les règles de libre échange, qui ne sont que les règles de la liberté des plus puissants d’anéantir les plus faibles contre le droit pour les pays moins « développés » de protéger leur économie.

L’exemple cubain est peut-être la voie que d’autres devront suivre par nécessité lorsque s’approfondiront les crises de l’énergie et de l’économie mondiale.

La pénurie de pétrole n’a pas transformé uniquement l’agriculture cubaine. Le pays s’est aussi tourné vers de petites unités d’énergies renouvelables et a développé un système de transports en commun économe, tout en préservant son système de santé par une politique de prévention et l’application de solutions locales qui permettent d’utiliser au mieux les faibles ressources existantes.

La santé et l’éducation sont des priorités nationales. Bien que Cuba soit un pays pauvre, l’espérance de vie est la même qu’aux Etats-Unis, et la mortalité infantile y est inférieure.

Le taux d’alphabétisation est de 97%. L’éducation et la santé sont gratuites.

Avant la Révolution Cubaine de 1959, il y avait un médecin pour 2000 habitants. Le taux est actuellement de 1 pour 167. Cuba dispose d'une école internationale de médecine et y forme des médecins pour d’autre pays pauvres. Chaque année, 20.000 médecins cubains partent travailler à l’étranger.

Depuis 1995, la viande est devenue rare, tandis que les légumes se trouvent en abondance. Le régime des Cubains s'est assaini, il est devenu pauvre en matières grasses et pratiquement végétarien. Le mode de vie, ponctué de marches à pied et de parcours à vélo, est aussi plus sain.

L’éducation est considérée comme l’activité sociale la plus importante à Cuba. Avant la Révolution, il y avait un enseignant pour 3.000 habitants. Aujourd’hui le rapport est de 1 pour 42, avec une moyenne de 1 enseignant pour 16 élèves. Cuba a un taux de diplômés plus élevé que la plupart des pays en voie de développement. Pour freiner l’exode rural pendant la « période spéciale », l’éducation supérieure a été répartie à travers les provinces, élargissant ainsi les possibilités de formations et renforçant les communautés rurales. Avant la « période spéciale », il n’y avait que 3 instituts d’études supérieures à Cuba. A présent, il y en a 50, disséminés dans tout le pays dont sept à la Havane.

Le gouvernement cubain a changé son mot d’ordre, vieux de 30 ans, « le Socialisme ou la Mort » pour  « Un monde meilleur est possible. »

Il participe aux tentatives diverses des gouvernements de gauche en Amérique Latine pour sortir du système capitaliste mondial en crise et refonder un nouveau multilatéralisme.

Confrontée à une pénurie de pétrole, l’Union Européenne prendra-t-elle les mesures indispensables pour sa survie, malgré son idéologie basée sur l’individualisme et la consommation effrénée ? Les Européens se rassembleront-ils, comme l’ont fait les Cubains, dans un esprit de sacrifice et de soutien partagés ?

par Cristina Gay

Original Language / EN

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